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Charles de Gaulle un chêne pour la France

“Oh! Quel farouche bruit font dans le crépuscule,
       Les chênes qu’on abat pour le bûcher d’Hercule… »


En 1971, un an après la disparition du Général de Gaulle, c’est dans ces vers de Victor Hugo qu’André Malraux trouva le titre du livre qu’il consacra à leurs échanges. « Les chênes qu’on abat… »  L’image est forte, immense et tragique. Ce pourrait être une épitaphe et l’on pourrait voir, avec la chute de l’arbre, tomber les feuilles de chêne du képi du Général. Et dans cette chute fatale la France entraînée à son tour…

Ce serait alors commettre une grave erreur. Ce serait à la fois méconnaître Malraux et ignorer De Gaulle. Le premier, dans les fouilles aventureuses de sa jeunesse et plus tard, dans son « Musée imaginaire » sut ranimer à la lumière vive de l’esprit les œuvres d’art de continents encore lointains et enfouis dans la nuit des jungles millénaires. Le second dans le combat militaire d’abord, dans l’exil patriotique ensuite et enfin, dans la lutte politique, sut tirer du tombeau une France moribonde où la honte de Vichy l’avait plongée.

Chacun à sa manière ces deux hommes croyaient au Phoenix, à l’oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Ne doutons pas que dans l’arbre abattu, Malraux entrevoyait déjà la forêt à venir. Tout comme De Gaulle depuis Londres, contre la raison triste des penseurs de la défaite, entretenait les braises de la Résistance d’où il savait déjà que jaillirait un jour la flamme de la Victoire et de la Liberté.

Une telle hauteur de vue qui confine à la vision, ne saurait s’encombrer de contingences. Sans doute faut-il pour cela, un âme particulièrement trempée. Une âme capable de s’enfoncer dans les profondeurs de la plus totale solitude car elle sait qu’il ne peut y avoir de véritable grandeur qu’à ce prix.

Depuis sa prime jeunesse ensuite tout au long de sa carrière militaire et jusqu’à la tête de l’Etat, le Général sut garder le cap de cette grandeur et s’accommoder de cette solitude comme d’une indéfectible compagne. Sans doute lui furent-elles reprochées de son vivant. Les mêmes critiques en leur temps furent adressées à Napoléon ou à Richelieu. Il n’empêche que le temps et l’Histoire ont su renvoyer dans les coulisses de la médiocrité les roitelets et les gouvernants d’opérette et redonner leur juste place aux hommes d’Etat véritables.

43 ans après sa mort, le Général de Gaulle est entré dans l’Histoire et la France, qui trop souvent se complait à couper les têtes qui dépassent, reconnaît qu’elle doit à celle-ci, une grande part de sa liberté et de son honneur.

« L’Appel », « L’Unité », « Le Salut » voici les titres que Charles de Gaulle donna aux trois volumes qui constituent ses « Mémoires de guerre ». Plus encore que des titres on peut y lire un engagement du cœur, un projet de l’esprit et un programme politique.

Des trois livres qui devaient clore son œuvre littéraire, il n’en écrivit que deux : « Le Renouveau » et « L’effort ». Là encore, l’idée de renaissance, le battement d’aile du Phoenix… Ainsi qu’en témoignent ses propres paroles : « Quels que soient les dangers, les crises, les drames que nous devons traverser, toujours nous savons où nous allons ; même s'il nous faut mourir, nous allons vers la vie".

A Colombey-les-Deux Eglises, le 9 novembre 1970, la mort arracha le stylo de la main de l’écrivain. Mais devant ce chêne abattu nous sommes là, aujourd’hui, pour témoigner que la France a gardé dans sa terre féconde les racines de la Liberté.



 

16/01/2014